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    September 26

    Annie Girardot

     

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    J'ai eu la chance de rencontrer Annie Girardot à plusieurs reprises. L'annonce de sa maladie a bouleversé ses très nombreux admirateurs. En hommage à cette grande dame du cinéma, je livre ici un texte que j'avais écrit il y a plusieurs années, à l'occasion de la sortie de son livre "Vivre d'aimer". Ce sera mon témoignage personnel parmi tous ceux qu'elle inspire sur le Net et ailleurs.

    Elle a le courage du "docteur Françoise Gailland", la fragilité de Gabrielle Russières, mais contient en elle toute la violence qu'elle déploie dans "A chacun son enfer". De fait, on retrouve en elle, et avec la même intensité d'expression, chacune des femmes qu'elle a incarnées à l'écran ou au théâtre....

    Ce n'est plus le même regard, le sourire est toujours aussi beau mais se fait plus rare; l'humour s'est teinté d'amertume, et derrière cette bienveillance polie qui caractérise son écoute, on devine une angoisse crâne qui la raidit dans son approche. Annie Girardot se remet lentement de ses blessures. S'en remettra-t-elle véritablement?

    Son autobiographie "Vivre d'aimer" (éditions Laffont) ne laisse aucun doute quant à son authenticité. Aucun "nègre" n'aurait pu écrire avec une telle véracité de ton ce texte qui lui ressemble de manière saisissante. Un livre primesautier, ardent, chaleureux, généreux, caustique, d'où jaillissent ça et là des cris de révolte, et des appels douloureux: "Il y a vingt ans qu'on me demandait de l'écrire, explique-t-elle. Mais j'étais si mal dans ma vie -je n'en voyais ni l'entrée ni la sortie- que je m'en sentais incapable. Il y a deux ans, je me suis dit: "J'y vais! Je veux parler!" La révolte m'a permis d'ouvrir les vannes, et encouragée par une amie, j'ai commencé à rédiger..."

    On imaginerait à tort Annie Girardot recluse dans sa chambre et attelée nuit et jour à la rédaction de ce livre, dont la matière est faite de larmes, de désespoirs, de tendresse, ce livre si charnel et impétueux. Certes l'actrice y règle ses comptes avec les médias (ceux qui ont failli la détruire), y évoque le souvenir de ses amis (Deware, Coluche, Romy, etc.), y raconte son amour émerveillé pour sa mère. Mais on cherchera en vain dans cette suite d"épisodes un quelconque fil directeur, une quelconque logique.

    Chacun d'entre eux est dicté par l'humeur de l'instant, par la circonstance, Annie Girardot rédigeant au hasard de ses déplacements, de ses coups de coeur ou de colère. Le chapitre relatif au Casino, à cette expérience qui lui a valu d'être éreintée par la critique, et littéralement bafouée, a pour objet, selon elle, de dénoncer les méthodes des médias.

    Annie Girardot continue d'écrire avec ce talent qui n'appartient pas à la littérature et qui doit essentiellement à la passion.: "Je veux parler. J'ai dénoué tellement de problèmes que je crois pouvoir donner des solutions pour aider ceux qui vivent des choses difficiles..."

     

    C'était en 1989.

     

    Emma-Tortue

     


     

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    Extrait du livre de sa fille

     

     


    "C'est dur.
    Dur, lorsqu'elle se tord de douleur parce que les médicaments ont bouleversé son équilibre intestinal. Dur, lorsqu'elle refuse de s'alimenter sous prétexte qu'elle est trop grosse, trop laide, difforme et qu'elle veut mourir. Dur, lorsque son regard rempli de haine se fixe sur moi et que ses mots deviennent des reproches, puis des injures, puis des ordures. Dur, lorsqu'elle se met à pleurer en disant: «Mais qu'est-ce qui m'arrive? Qu'est-ce qui m'arrive?» Dur, lorsqu'elle s'arrête en haut d'un escalier, complètement paralysée par le vertige. Dur, lorsqu'elle s'aperçoit qu'elle tombe dans ce trou sans fond de l'oubli et qu'elle bat vainement des bras pour se rattraper. Dur, lorsqu'elle se réveille en hurlant: «Les boches! Attention, voilà les boches!»
    Mais le plus dur, c'est de guetter ce moment tant redouté, où je verrai dans ses yeux que je n'existe plus. .."

    (La Mémoire de ma mère, par Giulia Salvatori, avec Jean-Michel Caradec'h. Michel Lafon)

    September 19

    Qui veut faire l'ange...mange des bêtes!

    UNE FERVEUR EXCESSIVE

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    (Utopiablog)

     

    Louise Borel de Ponsonnas, héroïne dauphinoise totalement tombée dans l'oubli, est "morte en "odeur de sainteté", malgré tous les efforts du diable pour la détourner du céleste chemin.
    C'est le 23 septembre 1602 que naquit cette sainte dont l'église n'a pas retenu le cas. Vouée à Dieu par sa mère (qui avait peut-être quelques péchés à se faire pardonner?) elle prit le voile à l'abbaye des Ayes (Ordre de Saint-Bernard. "Mais le diable qui prévoyait que cette enfant serait au nombre de ses plus grands ennemis, mit tout en oeuvre pour la détourner de sa vie religieuse; il l'effraya la nuit par des songes atroces, il lui apparut le jour sous la forme d'animaux affreux. Il la battit même de la façon la plus cruelle .." si l'on en croit son biographe, le R.P. Danglès, qui lui a consacré un ouvrage de 430 pages.

    La jeune fille résista avec vaillance à tous ces assauts, forte de sa foi en Dieu. Dieu, qui dans sa grande bonté la rendit bossue et difforme (dans le but de la soustraire aux tentations?). Mais seules "les personnes qui pénètrent par les lumières de l'esprit, les secrets de ses votes, et dans le mystère de sa conduite envers ses élus" sont à même d'estimer cette grâce à sa pleine valeur, n'en doutons pas. Je n'en fais point partie.

    UN REPAS DE PUNAISES

    Rien ne détourna la future soeur Cécile de sa vocation, les manigances du Diable n'ayant réussi qu'à la conforter dans sa décision. C'est ainsi qu'en 1617, à l'âge de 15 ans, elle faisait profession. Ce fut pour constater le sésordre qui régnait dans l'abbaye, le manque de piété des religieuses, voire leur frivolité. Une telle indignité ne pouvait que révolter cette noble et pure figure. Elle décida, avec deux de ses compagnes dont la conduite ne dérogeait aucunement à la Règle, de fonder à Grenoble une première Maison des Bernardines réformées, placée sous l'invocation de Sainte Cécile. Elle devait établir sa réforme à Paris, en 1636, et à Aix en Provence, en 1637, ville dans laquelle elle mourut vingt ans plus tard.
    Dans l'excès de sa ferveur, Louise Borel de Ponsonnas se livrait à d'aberrantes mortifications "pour gagner le ciel". Le R.P. Danglès rapporte qu'un jour, ayant manifesté une aversion bien légitime pour une horde de punaises qui avaient envahi sa couche, elle se prit à se reprocher ce sentiment, y voyant une nouvelle suggestion du Diable. Pour se punir, et déjouer les plans sataniques, elle se força à manger une bonne quantité de ces répugnants et malodorants insectes. Comme le souligne un historien, M. René Reymond, "il faut bien en convenir, c'est là un trait peu ordinaire de mortification qui semblerait indiquer chez Louise Borel de Ponsonnas un esprit bizarre et une piété peu raisonnée.

    Nous nous permettons de douter que Dieu ait su apprécier l'énormité de ce sacrifice

     

    EMMA-TORTUE  

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    September 14

    Quête

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    duvaleix

    Ce monde que tu découvres en toi, il te passionne. Tu aimes ces instants où tu es seule, n'as rien à faire et où tu t'absorbes en toi-même, écoutes le murmure de cette voix que tu entends toujours mieux. Elle te dit des choses qui te surprennent, te déconcertent, s'opposent parfois radicalement à ce que tu penses, mais tu sais qu'il te faut les accepter et essayer de les comprendre. Cette voix inconnue, que veut-elle? Qu'a-t-elle à t'apprendre? Où va-t-elle te mener? Ce dont elle t'entretient te situe si loin de ta pauvre vie de petite paysanne que tu te sens écartelée. Il y a cette vie qui prépare la cuisine, fane, garde les vaches, prépare la bouillie des cochons, et il y a celle qui souffre de solitude, songe continuellement à la mort, se demande si Dieu existe, mais qu'ont-elles de commun? Combien tout cela te paraît étrange. Et ces questions sur toi-même qui ne te laissent aucun répit. Auxquelles tu ne sais jamais que répondre..."

     

    Charles JULIET ("Lambeaux")

     

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    Frivoli

    September 07

    tortues dans la course

    Dur, dur d'être une tortue dans ce monde fou!

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    Les tortues s'empressent

     leur cou dressent

    et ventre à terre

    la lippe austère

    commencent à geindre

     et la fatigue feindre

    Ma gaine me tue

    dit la première tortue

     J'ai le souffle coupé

    répond l'autre,

    c'est rapé

     l'une et l'autre déglutit

     avale sa tête

     avec appétit

    C'est toujours ça de pris

     si nous n'avons pas le prix..

     

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     Emma-tortue ("Le carnaval des animaux")