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August 30 souvenirs lointainsBANGKOK, coiffée d'or, les pieds dans la boue
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Bangkok la grouillante nous accueille en sa démesure hétéroclite et bigarrée. Nulle précipitation dans l'effervescence, apparemment incohérente, qui anime cette fourmilière géante, traversée en tous sens de sillons inextricablement emmêlés. Et dans le tracé fantasque des rues arbitrairement entrecroisées, notre regard méthodique cherche en vain une rectitude au lond de laquelle se laisser porter. Nous aventurons la lourdeur de nos pas au milieu des trottinements et glissements légers, nous heurtant à chaque instant à quelque étal sommairement dressé, et encombré d'un amoncellement de beignets de bananes et de crustacés, aux odeurs pimentées. Mais nous poursuivons notre route à pied, promenant notre raideur compassée parmi la souplesse nonchalante et furtive qui caractérise la démarche asiatique. Bangkok la disparate n'a pas fini de nous déconcerter, avec ses immeubles ternes aux alignements anarchiques; ça et là, l'or resplendit au-dessus des taudis, des palaces surgissent au milieu des bidonvilles. A l'ombre des temples, et nullement mortifiées de leur splendeur rutilante et tarabiscotée, les bicoques prolifèrent, toutes de guinguois. Les toits disparaissent sous une forêt hirsute d'antennes de télévisions. Surprenante mais significative cohabitation. Car en Thaïlande, la misère n'est jamais sordide, ni le luxe ostentatoire, le riche ignore l'arrogance, le pauvre l'amertume, par la vertu d'une sagesse toute bouddhique, qui assigne à chacun une place ici-bas, en fonction de ses mérites passés et de ses incarnations à venir. DES CABANES AU BORD DE L'EAU
Quittons l'immensité populeuse et cosmopolite du centre ville, non sans avoir admiré la prospérité laborieuse du quartier chinois. Bangkok la véridique s'alanguit à l'écart de l'agitation urbaine, au long des canaux bourbeux, où de chétives cabanes trempent leurs pilotis, et où jonques à moteur et barques vermoulues s'insinuent au milieu des ébats nautiques de bamabins à demi-nus. Sur le seuil des maisons, les femmes aux hanches étroites, serrées dans des étoffes chamarrées, concotent à toute heure la soupe thaï, brouet trompeusement clair, dans lequel baignent quelques rares légumes et morceaux de poissons, recroquevillés sous la morsure ardente des épices. Un chien famélique vitupère, à distance..Des enfants nagent sous notre bateau, ignorant les considérations d'ordre sanitaire que nous inspire la couleur de l'eau, et nous font l'hommage rieur de nauséabondes et sombres éclaboussures. Il est 18h. La nuit a fondu sur nous, subreptice. Notre jonque accoste, et derrière nous le canal luit, énigmatique. Au loin, la ville s'est illuminée de feux multicolores et exhale sa touffeur odorante. Comme chaque soir en sa mansuétude, le ciel pose un voile sur les soucis quotidiens du peuple thaïlandais...
EMMA-TORTUE
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http://www.linternaute.com/voyager/Photo/2006/rivages-d-asie/diaporama/images/image10a.jpg August 27 souvenirs de brèves vacancesAugust 16 les mots pour le direhttp://www.galeriedesja.com/artists/images/ML-ame-prionniere.jpg
"Comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles..."
Gustave Flaubert
August 07 DélivranceUne pierre, qu'y a-t-il à l'intérieur d'une pierre qu'est-ce qu'on y voit quand elle est fermée. le sculpteur le sait-il qui la torture pour la contraindre à livrer son secret? Muet, le petit garçon sagace épiait les efforts quotidiens de l'artiste. La masse informe ébauchait ses aveux. La délivrance était proche. L'enfant rassuré et confiant ne revint plus. Mais un matin, alors que la foule attendait autour de la pierre gigantesque jalousement voilée, l'enfant apparut de nouveau. Le drap mystificateur ôté chacun put constater que le miracle avait été consommé: la pierre s'était enfin ouverte, par la grâce d'un espoir visionnaire qui de tous temps l'avait pénétrée. Dépouillé de sa gangue obscure, le cheval avait pu naître dans l'éblouissement de sa beauté enfin révélée. Le petit garçon s'approcha du sculpteur pour consacrer leur complicité: -"comment savais-tu, toi, qu'un cheval était captif à l'intérieur de la pierre" lui demanda-t-il gravement...
Emma-tortue
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